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Trop tôt pour moi pour dire oui à ce projet de Conseil Unique d’Alsace

Posté par Yves Baumuller le 22 novembre 2011

Hier soir lors du Conseil municipal de la Ville de Colmar, notre Maire a proposé l’adoption d’une motion concernant la création du Conseil Unique d’Alsace, je suis le seul élu a m’être abstenu : j’assume.

Voici le texte de la motion : Trop tôt pour moi pour dire oui à ce projet de Conseil Unique d'Alsace dans Billet pdf motionsurlacrationduconseiluniquedalsace.pdf

Ci-desous le texte de mon intervention et explication de vote. Dès demain vous pouvez retrouver l’intégralité du débat en vidéo sur le site : www.colmar.fr

cm dans Communauté d'Agglo

Monsieur le Maire, Mes chers collègues,

Dans la perspective d’un Conseil Unique d’Alsace, je partage évidement le désir que notre Ville joue un rôle important dans une nouvelle organisation territoriale, Colmar a en effet de nombreux atouts pour prétendre être le siège ou l’un des sièges d’une institution alsacienne unique. Un polycentrisme alsacien serait sans doute la solution, même si pour moi, avant de trancher la question d’un siège, se pose la question d‘une bonne déconcentration des services sur l’ensemble de notre territoire notamment des services publics pour nos concitoyens, nos entreprises et nos associations.

Cela dit cette motion me pose problème : En orfèvrerie, par exemple, ce n’est que lorsque le bijou est terminé que l’on choisit son écrin. Dans notre cas le bijou n’est pas fini, il n’est même pas commencé et ces plans semblent changer de semaines en semaines.

Le premier paragraphe de votre motion évoque une perspective positive pour l’Alsace. Personnellement je n’en sais rien. Nous sommes aujourd’hui au stade des belles idées, et des idées sans contenus précis et sans mode opératoire ne peuvent se satisfaire de n’être que belles. Si l’on regarde un peu dans le rétroviseur on constate que cette question d’un Conseil unique agite la classe politique et uniquement la classe politique depuis de nombreuses années.

Aujourd’hui on nous demande de passer directement à la phase finale d’un projet qui devrait pourtant se construire pas à pas et dans la concertation. Et pourtant, quels progrès en matière de coopérations entre nos collectivités ont été enregistrés ces dernières années ? Aucun ! Combien d’agences avons-nous fusionnées ? Aucune ! En somme on nous demande de passer tout de suite dans le grand bain sans avoir le minimum de base de natation commune.

Et que dire de la concertation quand on sait qu’une majorité des élus départementaux et régionaux ont eu connaissance de l’accord entre les trois présidents dimanche dernier dans la presse et pire encore qu’ils apprennent qu’ils sont convoqués par voie de presse toujours, le 01 décembre prochain pour un congrès ? De concertation en réalité, il n’y en a pas ! On agit dans l’urgence avant que la campagne présidentielle ne laisse plus aucune place médiatique à cette question et surtout avant que ne prenne fin le CDD gouvernemental du président de la Région.

L’Alsace mérite mieux que ces tripatouillages. Nous devons commencer par répondre aux vraies questions et notamment à la première : celle du mode de scrutin : Si nous ne mettons pas fin aux petites baronnies locales en choisissant le scrutin proportionnel, le seul qui soit garant d’un aménagement du territoire équilibré, alors je le crains, nous ne serons pas dans une perspective positive pour l’Alsace.

Alors, il reste la question des économies, la loi sur la réforme territoriale avait pointé du doigt le trop grand nombre d’élus et avait fixé leurs nombres à 74 : aujourd’hui sur cette seule question, la fourchette avancée par le ministre-président est de 96 à 110 élus et des élus à qui on propose déjà des augmentations d’indemnités substantielles puisque on leur demanderait le double de travail. Tout cela ne me semble pas bien sérieux.

Enfin, revendiquer de nouvelles compétences en matières d’éducation, ça veut dire que l’école française n’est plus unique sur l’ensemble du territoire national et à mon sens, ça pose des questions de principes auxquelles il vaudrait mieux réfléchir.

Je m’arrête là, pour toutes ces raisons je m’abstiendrai sur ce texte, il est trop tôt pour se prononcer sur le futur siège et il est surtout pour moi, trop tôt pour dire oui à ce projet de Conseil Unique d’Alsace.

Yves Baumuller
Conseiller municipal délégué
Conseiller communautaire
MoDem / Ecologie et Démocratie

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