29 juin 2011 ~ 0 Commentaire

Pas tous derrière Loeb (Art DNA)

loeb.jpgLe soutien financier et logistique de la Ville de Colmar à l’organisation de la 2 e édition du Rallye de France qui revient en Alsace du 29 septembre au 2 octobre, a suscité un vif débat au conseil municipal. Et pour une fois, les lignes de fracture ont dépassé les clivages politiques.
Sollicitée par la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA), la Ville a voté lundi soir une subvention de 50 000 euros pour le Rallye de France qu’elle accueillera au parc-expo, samedi 1er octobre. Diverses animations et opérations, non chiffrées, seront organisées ce jour-là avec la CAC qui verse elle aussi 20 000 euros. La décision est loin de faire l’unanimité.

« Gabegiebudgétaire »
Frédéric Hilbert (opposition de gauche) ironise sur le caractère, à ses yeux pseudo-écologique, du rallye, mais dénonce d’abord « la gabegie budgétaire » et « la somme de financements publics. En plus de la subvention, la location du parc-expo, ce n’est pas rien », estime l’élu Vert. « Ça me choque au moment où beaucoup de clubs sportifs ont des difficultés financières ».

Réservé sur les retombées économiques de la manifestation, le conseiller suggère que la Ville finance plutôt les associations sur le pont toute l’année et qui n’ont pas les moyens de payer les déplacements aux compétitions, sauf à faire appel aux bénévoles. Michel Feldmann (groupe Wagner) juge le rapport incomplet dans la mesure où le soutien logistique n’est pas chiffré.

« Nous n’avons pas de salle d’athlétisme couverte »
Dans les rangs de la majorité, Philippe Greiner prévient qu’il votera contre le rapport. Il s’interroge sur « la pertinence d’une 2e édition » et sur les 200 000 EUR accordés par le Conseil général du Haut-Rhin qui n’avait pas financé le transport des enfants lors des Mercredis de neige. « Les collectivités soutiennent le rallye automobile, mais nous n’avons pas de salle d’athlétisme couverte, malgré des représentants de la discipline aux J.O. de Londres ».

Le conseiller regrette l’absence de bilan carbone et estime que la promotion de l’Alsace à l’écran, « c’est tout au plus quelques secondes ». Enfin, il ne voit pas pourquoi la Ville soutiendrait une course où un concurrent certes alsacien, mais « expatrié », est en lice.

Sa collègue Simone Lichtenauer constate « un progrès sur le plan du tri sélectif », mais l’incitation à utiliser les transports en commun pour se rendre à la manifestation lui paraît insuffisante. Elle s’inquiète de « la pollution sonore et visuelle ».

« L’hypocrisie du rallye écologique »
Guy Waehren est contre la subvention au nom du réchauffement climatique : « La FFSA chiffre à 2 700 tonnes, soit un aller-retour Paris – New York, les rejets en CO2 du rallye, sauf qu’on transporte chaque fois 200 passagers. A titre de comparaison, le four à bois inauguré par la Ville permet d’économiser 7 000 tonnes d’émissions. » Il voit aussi dans la subvention de la Ville un encouragement pour le rallye à revenir l’an prochain.

« L’argent pourrait êtremieux utilisé »
Odile Uhlrich-Mallet n’est pas contre la course, mais ne supporte pas « l’hypocrisie qui veut en faire un rallye écologique ». Toujours dans la majorité, le centriste Yves Baumuller juge qu’au moment où les financements se font rares, une aide publique n’a pas lieu d’être. « Il y a assez d’argent dans le milieu automobile. Je voterai contre ce rapport », conclut l’élu.

A gauche, Victorine Valentin est opposée à la subvention de la Ville : « L’argent pourrait être mieux utilisé, d’autant qu’on ne dispose pas de chiffres relatifs aux retombées économiques de l’an dernier. « Mulhouse, ville étape, a eu très peu de retombées », estime l’élue. Quant à la fête populaire, elle observe qu’il n’y aura pas de rencontres entre les pilotes et le public au parc des expositions.

Tristan Denéchaud (Bougeons les lignes) annonce qu’il s’abstiendra lors du vote. Il calcule que le passage du rallye « coûtera cher à Colmar et aux Colmariens » eu égard aux retombées économiques et touristiques. A son avis, la course est bien moins médiatisée à l’étranger que le Tour de France.

L’opposition de droite ne partage pas cet avis. Brigitte Klinkert croit que le rallye suscite « un formidable engouement ». Elle félicite la Ville de se rallier à d’autres collectivités. Son collègue Roland Wagner rappelle que « l’Alsace est une terre d’automobile et l’auto représente un poids économique. C’est un honneur d’avoir un sextuple champion qui revendique ses racines alsaciennes. On ne va pas rester sur un îlot désert », dit encore le conseiller.

« Un sport qui faitbouger la planète »
Le premier adjoint Yves Hemedinger parle d’« une magnifique épreuve sportive avec des retombées en termes d’images ». Maurice Brugger se lance dans un vibrant plaidoyer : « C’est un sport qui fait bouger la planète, on doit y être ». Selon l’adjoint au sport, ce ne sont pas quelques « flatulences carboniques » qui dissuaderont la Ville. Avant de conclure, sans davantage de précisions, que « le problème écologique est pris en compte ».

« Pas le premierà financer »

Le maire a eu le mot de la fin : « Je n’étais pas le premier à financer le rallye et je ne me voyais pas défendre l’absence de Colmar ». Selon Gilbert Meyer, « on pourra voir ce qui se passe sur les sites de maintenance. » Il espère « que le public pourra parler aux pilotes ». La subvention a été votée avec cinq voix contre et deux abstentions.

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