21 décembre 2010 ~ 0 Commentaire

Le groupe MoDem vote contre la troisième tranche de vidéoprotection à Colmar

Ci-dessous le texte de mon intervention lors du Conseil Municipal d’hier soir :

Merci Monsieur le Maire, mes chers collègues, Monsieur le Premier Adjoint,

Lors du conseil municipal du 14 septembre 2009 et de l’examen de la deuxième tranche, le groupe MoDem s’était abstenu au motif principal qu’au-delà de nos doutes sur l’efficacité de ce type de dispositif, aucune donnée concernant le fonctionnement de la première tranche n’était disponible. Aujourd’hui nous commençons à avoir du recul et une première évaluation de la vidéo-protection à Colmar existe. Je tenais à débuter ce propos en remerciant M. Legros de notre direction de la sécurité pour sa disponibilité et pour l’ensemble des réponses apportées à nos questions.

A l’étude de ces données, nous restons persuadés que l’impact exclusif des dispositifs de vidéoprotection sont difficiles à isoler dans un environnement où ils ne sont que des outils, ils ne peuvent être une fin en soit et ne suffisent pas seuls. Il semble cependant que les faits de délinquance se soient orientés à la baisse dans les zones vidéo protégées, même si les effets restent mesurés ou simplement inefficaces comme pour les actes dits impulsifs, majoritairement constatés à Colmar, tels que les violences et les dégradations commisent sous l’emprise de produits stupéfiants ou d’état alcoolique dont nous connaissons tous les raisons profondes ; elles se nomment : chômage, exclusion, mal être ou désespoir et toutes les caméras du monde ne changeront rien à cela.

Lorsque l’on essaye d’analyser l’efficacité de ce type de dispositif, on devrait pouvoir y distinguer trois types de résultats : un résultat en terme de dissuasion, un résultat en terme de prévention et enfin un résultat en terme de répression. Pour la dissuasion il n’y a aucun effet sur les actes dits impulsifs et un impact faible ou difficile à évaluer pour les autres formes de délinquance. La prévention quand à elle devrait permettre de stopper des actes lorsqu’ils se produisent, dans les faits cela n’est possible que lors des quatre soirées – du mercredi au samedi où nous postons des agents devant les écrans de contrôles – soit 30 heures sur les 168 heures que dure une semaine. Le rapport du Ministère de l’Intérieur de 2009, relève pourtant qu’une présence continue devant les écrans de contrôle permet d’augmenter fortement l’impact de ces caméras, car il y a une réactivité immédiate. Dés lors, voulez vous vraiment vous donner les moyens de cette politique ? Je vous pose la question. Enfin, le résultat en terme de répression, s’il était attendu par certains, n’est pas au rendez vous non plus, du moins au dire du Commissaire de Police centrale de Colmar qui n’a pas constaté un véritable impact sur le taux d’affaires élucidées.

Lors de l’examen de la deuxième tranche, nous évoquions le risque d’une spirale sans fin d’installation de caméras jusqu’à un maillage complet et sans garanti de résultat. Ce risque est aujourd’hui certain puisque nous sommes clairement dans un programme pluriannuel d’investissement. Après les 968 137 euros investis pour les deux premières tranches et les 500 000 euros prévisionnels pour la troisième, nous flirtons avec le million et demi d’euros d’investissement. Pour le fonctionnement, nous étions à 43 500 euros en dehors des deux emplois et pour la seule première tranche. Nous aimerions savoir combien de tranches supplémentaires sont d’ores et déjà programmées, quel est le cout en fonctionnement de l’année qui s’achève ainsi que celui de l’année à venir avec la création d’un troisième poste d’opérateur ? Nous sommes convaincu que nous ne dérogerons pas dans ce dispositif à la règle des 10 à 15% de cout en fonctionnement par rapport au cout de l’investissement, soit à l’arrivée à des montant que nous jugeons disproportionnés face à la situation de la délinquance à Colmar et face aux moyens humains supplémentaires et de réel prévention que nous pourrions déployer sur le terrain avec ces crédits.

Vous ne manquerez pas, Monsieur le Premier adjoint, de nous indiquer que ces investissements sont soutenus par le FIPD. C’est en effet intéressant pour les finances de la ville, mais c’est aussi révélateur de la politique gouvernementale en matière de prévention de la délinquance, car en effet, je voulais rappeler ici, que le Fonds interministériel de prévention de la délinquance, pot commun de plus de 50 millions d’euros par an, a été utilisé à prés de 80% en 2009 et à près de 70% en 2010 pour subventionner des projets de vidéo protection. Nous, nous pensons qu’il existe d’autres pistes d’actions basées sur une meilleure prise en compte des humains par les humains y compris dans nos quartiers ouest.

Cela dit nous ne sommes pas opposés par principe à l’usage de caméras, mais nous pensons que le dispositif après les deux premières tranches est suffisant et que s’il devait se développer nous ne serions, par contre, pas opposés à l’implantation de caméras pour lutter contre les trafics qui se multiplient devant les collèges et lycées colmariens, c’est-à-dire, uniquement sur des sites extrêmement limités en nombre.

C’est parce que nous refusons le principe d’un maillage complet du territoire colmarien que nous ne voterons pas ce rapport.

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