16 mars 2010 ~ 0 Commentaire

Modem alsacien : une claque mais pas de clash (Article Médiapart)

La défaite est sévère pour le Modem, qui ne remporte que 4,4% des voix en Alsace. En ne dépassant pas les 5%, le parti évite toutefois d’étaler à nouveau ses divisions sur les stratégies d’alliances avec d’autres partis.

« Si nous avions fait plus de 5%, ça aurait été la foire d’empoigne ici », confiait dimanche soir Frédéric Le Jéhan, 11e sur la liste Modem du Bas-Rhin. Après l’annonce des résultats du premier tour, la foire d’empoigne n’a pas eu lieu : avec 4,4%, le Modem alsacien n’atteint pas le seuil des 5%, requis pour prétendre à une fusion avec d’autres listes. « Le point négatif, c’est que nos frais de campagne ne seront pas remboursés par l’Etat. Le point d’espoir, c’est que nous n’avons pas à nous positionner. Nous restons unis dans la déception et la défaite ! », poursuit le colistier. Pratique pour un parti qui a rassemblé, sous l’idée de porter une « troisième voix », des déçus du socialisme, du sarkozysime et écologistes, aux côtés des centristes traditionnels.

Volonté d’indépendance

« C’est difficile pour le Modem, il faut maintenir une cohésion entre ces gens », analyse Frédéric Le Jéhan. « A partir du moment où nous ne sommes pas qualifiés pour intégrer une équipe, notre indépendance, nous la gardons, même si beaucoup de choses sont à reconstruire », renchérit Yann Wehrling.
En Alsace comme partout en France, la volonté d’indépendance du Modem ne sera donc pas mise à mal par les alliances électorales : en dehors de Jean Lassalle en Aquitaine, qui dépasse les 10% nécessaires pour se maintenir au second tour, seules trois listes ont engrangé plus de 5%, en Bretagne, Basse-Normandie et Centre. Bruno Joncour, tête de liste bretonne, a déjà annoncé qu’il se retirait de la course.

Peser sur le second tour

A défaut d’alliance, le Modem n’a plus que la consigne de vote pour tenter de peser sur le second tour. « C’est une position délicate : si vous ne dites rien, vous n’existez pas. Si vous prenez position, c’est au risque de l’incompatibilité avec notre projet », résume Frédéric Le Jéhan. Une décision doit être prise mardi soir, au niveau national. En région, les discussions ont déjà lieu ; le Modem alsacien se dirige vers une non-consigne de vote.
De son côté, la fédération du Haut-Rhin prendra une position officielle mardi soir. D’après Yves Baumuller, le soutien penche plutôt vers la gauche : « A partir du moment où nous avons fait campagne sur une région plus forte, je vois mal comment nous pouvons apporter notre soutien à l’UMP, qui veut réduire le rôle du président de région avec la réforme des collectivités territoriales ».
Tête de liste dans le Haut-Rhin, Odile Uhlrich-Mallet défend une ligne indépendante. « La maison Modem est très partagée, c’est une raison de plus pour ne pas se prononcer », argumente la conseillère régionale sortante, qui veut encore peser sur le second tour. « Nous avons mis en avant un certain nombre de points dans le programme, sur la centrale de Fessenheim, sur les transports, le bilinguisme,… Nous martèlerons encore nos idées cette semaine, à charge pour les listes qui restent dans le jeu de mettre en avant ces idées pour essayer de grappiller nos voix. »

« Réconcilier toutes les tendances »

Après une campagne marquée par les tensions en interne, les mois à venir seront encore difficiles pour le parti. La constitution des listes a créé de forts mécontentements et certains militants alsaciens ont failli rejoindre la liste centriste de Bernard Stoessel, qui n’a finalement pas abouti. « Ces gens-là peuvent-ils rester ? Il y aura des comptes à régler », prévient Frédéric Le Jéhan.
« La période à venir sera un peu dure. Nous allons devoir travailler et surtout rester positifs. Je souhaite réconcilier toutes les tendances au Modem. Ne donner aucune consigne de vote en fait partie », ajoute Odile Uhlrich-Mallet.
Une réconciliation nécessaire, pour préparer les prochaines élections présidentielles de 2012. « Le Modem est dans une phase de construction et de discussions. Mon sentiment est que le parti s’est construit un peu à l’envers, avec un leader que beaucoup nous envient mais en oubliant ce qui fait la vie d’un parti : les élus locaux. Il faut repartir de la base », appuie la tête de liste haut-rhinoise. Repartir vite.
Après quatre échecs électoraux successifs, la présidentielle sera l’échéance couperet pour le Modem.

Elodie Auffray (CUEJ)

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