09 mai 2009 ~ 0 Commentaire

L’autorité en politique : à géométrie variable (DNA)

A l’initiative des Amis du Club de Prévention, une trentaine de personnes ont assisté, mardi soir, au foyer Saint-Paul à un débat sur l’autorité en politique. Avec l’ambition de dépasser les enjeux locaux…

L’autorité en politique : à géométrie variable (DNA) dans MoDem

 « Mieux comprendre la société et mettre sur la table tous les sujets », voilà l’objectif des débats que le Club de Prévention organise depuis 1998. Mardi soir, des politiques étaient invités à disserter sur la notion d’autorité en politique. Annoncés comme intervenants le député Eric Straumann et la vice-présidente du conseil régional Odile Uhlrich-Mallet ont finalement fait faux-bond aux organisateurs. Cette dernière a été remplacée au pied levé par Yves Baumuller, conseiller municipal, adhérent au MoDem. Autour de la table avaient pris place Hubert Miehe et Frédéric Hilbert, conseillers généraux et municipaux à Neuf-Brisach et Colmar.

« Prêtée pour la durée
du mandat »

 Pour Hubert Miehe, l’autorité du politique tire sa légitimité des élections. L’expérience personnelle et l’envie d’agir lui donnent de la substance. « L’autorité confère au politique l’obligation de répondre à l’attente des citoyens ». Sans la participation citoyenne, l’élu estime que le pouvoir risque de devenir « contraignant et dangereux ». Il rappelle que « l’autorité n’est jamais donnée mais prêtée pour la durée du mandat ».
 Frédéric Hilbert précise en préambule que dans son parti, les Verts, ce n’est pas l’autorité qui est mise en avant. A la lumière de son expérience, il juge que son autorité réside dans le fait d’approuver ou de voter contre les rapports qui lui sont soumis au conseil municipal ou au conseil général. « C’est un pouvoir un peu limité, c’est un peu frustrant », admet l’élu.

L’intérêt général

 Frédéric Hilbert énumère les conditions nécessaires pour se voir conférer une autorité : avoir des convictions, se positionner pour un choix de société, avoir des compétences techniques dans l’un ou l’autre domaine, être animé par l’intérêt général, être exemplaire… Frédéric Hilbert s’interroge aussi sur les différents niveaux d’autorité portés par les collectivités, les intercommunalités, l’Etat, l’Europe et sur l’articulation du mille-feuilles. Dans le public, un auditeur fait écho : « les communes transfèrent de plus en plus de compétences vers des intercommunalités, où les représentants des communes sont rarement issus des groupes minoritaires, d’où une perte de démocratie ».
 A son tour, Yves Baumuller donne sa définition de l’autorité en politique : « c’est une qualité généralement naturelle qui fait partie du charisme d’une personne ; elle doit s’exercer dans la logique du respect des coéquipiers et des électeurs. elle est conférée par délégation pour une durée limitée. Elle doit prendre en compte les minorités qui ont droit à être bien représentées ».

Le grand écart
d’Yves Baumuller

 Puis abandonnant le terrain de la théorie, Yves Baumuller s’est livré à une vive critique du pouvoir en place : « au niveau national on pourrait penser que l’autorité s’exerce selon des règles. J’ai le sentiment qu’en deux ans on a changé de régime politique en France avec la disparition du pouvoir législatif, et un Premier ministre réduit au rôle de simple collaborateur. Avant, aucun autre président n’avait osé faire ce genre de choses ». La sortie d’Yves Baumuller, conseiller municipal centriste passé dans le camp de Gilbert Meyer aux dernières élections a fait bondir Hubert Miehe : « tu dis des choses qui me choquent : on ne peut pas être dans une municipalité UMP et dénoncer ce qui se décide à Paris ».
 L’intéressé justifie ce grand écart : « on peut être dans l’opposition et trouver des accords a minima dans une équipe d’une autre couleur politique. On a adouci la politique telle qu’elle aurait été conduite sans nous ».
 Sur un sujet aussi vaste et jamais bien éloigné de la politique politicienne, le débat n’a pas échappé aux risques du genre : il a effleuré sans pouvoir les approfondir des sujets aussi divers que la désobéissance civile, le poids des techniciens dans les décisions politiques, la démocratie participative ou encore l’éducation du citoyen… Cela n’enlève rien au mérite du Club de Prévention de faire réfléchir les gens ensemble à des questions qui les concernent de près.

 

A.M.

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