09 mai 2009 ~ 0 Commentaire

« La solidarité devient un délit » (DNA)

« La solidarité devient un délit » (DNA) dans MoDem img0756Plus de 120 élus, parents d’élèves, militants associatifs, enseignants et simples citoyens ont manifesté hier devant la préfecture du Haut-Rhin à Colmar leur soutien à trois familles menacées d’expulsion et dont les enfants sont scolarisés à Rouffach et Ensisheim.

 dans Revue de Presse

« Je suis contre la pêche aux sans-papiers », lâche Jacques Muller intervenu la veille au Sénat sur la politique de l’État en matière de gestion de la ressource halieutique et de la pêche. Si le parlementaire a manifesté hier après-midi devant la préfecture du Haut-Rhin à Colmar, ce n’était pas pour défendre le thon rouge ni le cabillaud mais Rostam, Terminé, Tina et leurs parents menacés d’expulsion.

« Le système des quotas
est un échec »

 Ils étaient venus soutenir les familles Aloyan, Bolotov et Khazarian dont la situation en France est jugée irrégulière par les autorités françaises. Rostam Aloyan est scolarisé au collège d’Ensisheim, sa soeur Terminé est élève à l’école de Rouffach et la petite dernière est née en France.
 Les Aloyan et Khazarian sont des couples mixtes : papa arménien, maman azérie, considérés comme des « batards » dans une Arménie qui a combattu les Azéris du Haut-Karabagh. Se considérant « persécutée », la famille Aloyan a vécu dix ans en Russie avant d’arriver en France il y a trois ans. Son dossier de demande d’asile a été débouté. Le symbole pour les manifestants de la politique des quotas initiée par Nicolas Sarkozy. « Nous demandons que leurs dossier soient réexaminés avec bienveillance face au danger qu’ils encourent à leur retour au pays », explique un membre du comité de soutien qui parle de « rafles ». Il condamne aussi la manière dont Mergim, Leutrim et leurs parents kosovars ont été expulsés du Haut-Rhin le 15 avril.
 « On ne peut pas être dans une logique de chiffres », remarque Yves Baumuller, conseiller municipal de Colmar (MoDem). « Le système des quotas et des expulsions systématiques est un échec », poursuit Odile Uhlrich-Mallet, adjointe au maire de Colmar et vice-présidente du conseil régional d’Alsace (MoDem) qui se dit « révoltée de voir des enfants qui s’intègrent bien » menacés d’expulsion. « Tout le travail de la communauté éducative est simplement ignorée », dit-elle. Le conseiller général de Colmar Frédéric Hilbert (Verts) dénonce que le gouvernement devienne « inhumain pour communiquer ». La tension est montée d’un cran devant le refus non motivé de la préfecture de recevoir une délégation. « C’est une attitude méprisable », s’agace Jacques Muller devant les manifestants qui improvisent un sit-in pour bloquer la rue Bruat. « La solidarité devient un délit !, s’exclame Monique Marchal, déléguée régionale de la Ligue des droits des l’homme et conseillère régionale (PS). Il faut que la société civile s’élève contre cet état de fait. »
 Le commissaire de police Cédric Richardet annonce aux manifestants qu’il va relever les identités, l’entrave à la circulation étant un délit. S’engage alors un dialogue de sourds entre les autorités qui fixent comme préalable à la discussion l’évacuation de la rue Bruat et Jacques Muller qui attend d’abord des explications sur l’annulation du rendez-vous pour bouger.

« Il faudra se battre
pied à pied »

 Les manifestants alors menacent de bloquer l’avenue de la République avant de former un cercle du silence. On entonne le Chant des partisans, Lily… Jacques Muller propose d’être reçu seul, comme parlementaire. La proposition est acceptée. Il est reçu pendant un quart d’heure par le chef de cabinet du préfet Daniel Herment. Il ressort sous les applaudissements et se fait le porte-parole du préfet.
 Ce dernier demande au comité de soutien de réécrire sa demande qu’il s’engage à « lire très attentivement » puis à recevoir une délégation. S’il a suspendu le rendez-vous, c’est parce qu’il a été « heurté » par l’usage du terme « rafle », note Jacques Muller qui a le sentiment qu’« on n’étudie pas tous les cas mais que les chiffres ». « Il faudra se battre pied à pied », conclut-il avant que le mouvement se disperse.

 

Franck Buchy

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